Héritages arabo-islamiques dans l’Europe méditerranéenne – Archéologie, histoire, anthropologie

200_68742_vignette_sceau-RuscinoverticalLe rôle de la civilisation arabo-musulmane dans la transmission de l’héritage antique à l’Occident médiéval est bien connu. En revanche, hormis pour l’Espagne où l’empreinte d’al-Andalus est considérée comme un fait majeur de civilisation, le legs de la présence arabo-islamique au sud de l’Europe reste peu étudié et suscite encore des résistances, notamment en France, en Italie ou au Portugal, où cette présence fut pourtant importante et durable. Pourtant, les données récentes qui seront exposées révèlent aujourd’hui les traces de contacts et d’échanges clairement établis.   La Méditerranée, au cours de l’histoire, n’a cessé d’être une zone de confluence et d’affrontements souvent violents, mais dont il a résulté de profonds échanges. Les incursions et la piraterie du IXe au XVIIe siècle ne se sont jamais certainement interrompues sur les cotes provençales, et l’Italie, par la Campanie, la Sardaigne ou la Sicile reste le lieu d’une confrontation majeure qu’il convient de retracer.   Néanmoins, les monnaies arabes et leurs circulations, l’archéologie funéraire, la présence de mobiliers archéologiques ou de céramiques importées, les épaves en mer, révèlent également des échanges d’un tout autre type, et livrent de nouveaux éléments de discussion.   Les ingénieurs et les commerçants du monde islamique ont fortement contribué à l’agriculture, aux sciences et aux technologies dans l’Europe méditerranéenne. Marseille par exemple, développe un réseau de marchands dans d’autres ports de la Méditerranée et devient un pôle important du commerce avec l’Islam. La Sicile et l’Italie du Nord attestent également, comme lieux de transit majeur des produits orientaux vers l’Europe, d’une consolidation de rapports commerciaux et culturels fondamentaux au sein de la société méditerranéenne. Les principaux héritages de ces échanges résident ainsi dans l’importation de techniques comme l’hydraulique, considérée comme un apport majeur de la civilisation islamique, la diffusion de la culture du coton ou de la construction en terre crue.   En outre, corpus scientifiques et savoirs circulent, partiellement, autour de la Méditerranée, aboutissant finalement à leur appropriation en Europe. De nombreux travaux soulignent la forte influence de la médecine orientale sur la constitution d’un nouveau savoir médical,  même si le transfert de connaissance peut également prendre le chemin inverse. Enfin, l’arrivée d’objets d’art islamique dans les collections royales françaises, objets qui figurent aujourd’hui dans les collections du Louvre, rend possible l’élaboration d’une histoire culturelle et anthropologique des échanges. Associant archéologues, historiens et anthropologues, ce colloque se donne pour ambition de faire le point de la recherche sur la présence et les influences de la civilisation arabo-musulmane dans la Méditerranée occidentale, du haut Moyen Âge à l’époque moderne. La présence de l’islam dans l’Europe méditerranéenne est à la fois ancienne et profonde, et c’est une vision renouvelée de cet héritage que cette rencontre se propose de nous offrir.
Accès libre sur réservation dans la limite des places disponibles
Colloque international organisé par l’Institut national de recherches archéologiques préventives,
En partenariat avec Marseille-Provence 2013-Capitale européenne de la culture, le MuCEM et la Villa Méditerranée.
Du 11 au 14 septembre 2013, à Marseille, Villa Méditerranée et MuCEM
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